Menu du chef : gratin de patates assaisonnées sur son lit de choux fleur

Au menu du restaurant, pour 250 kms, prenez tout ce qui est possible de faire en vélo de route en terme de patates dans le Nord Cotentin, ajoutez-y du piment fortement dosé sur certaines portions et un beau soleil et vous obtiendrez ce menu avec 5000 de D+. En fait, on ne monte jamais bien haut mais on monte souvent ! Tout allait bien jusqu’au plat de resistance, à savoir les patates de Port Racine. Il est 13h et le menu pèse sur l’estomac bien qu’ayant pris un trou normand de 20 mns sur ce petit port. Entre le 100 et le 150, le choux fleur fait son apparition (je vous laisse deviner à quel endroit, mais les babouins comprendront), et là, je me dis que le chef est un foutu pervers qui ne jure que par les côtelettes. Je n’ai jamais connu un parcours aussi cassant avec cette vague impression qu’on joue aux montagnes russe. Je grimpe à pied 3 fois et je me surprends avec du wheeling dans les montées. Les “routes”, les fidèles du restau, appellent ca des talus, pourraient être empruntées en VTT ou Gravel, tellement elles pouvaient être défoncées : J’ai bien cru que j’allais perdre une roue, le cintre ou pire, me perdre moi.
Le plateau de fromage arrive avec la traversée de Cherbourg-La Glacerie. De la circulation et encore des patates. Il faut chaud et le menu sent le grillé. Je me demande s’il ne serait pas mieux d’abandonner la tablée, mais il me reste 70 kms, dans un coin que je ne connais absolument pas. J’ai eu beau me dire que le plus dur est derrière moi mais à chaque détour, je me retrouve dans ce foutu bled de la Glacerie.
Le chef avait prévenu : ca se complique sur Cherbourg et c’est mieux au Val de Saire. Je confirme que ce filet est bien mignon à Cherbourg mais le digestif peine à arriver. Il faut l’avouer, je regarde désespérément le compteur qui tourne au ralenti et moi qui en bave sérieux en pensant au café gourmand. Heureusement, je constate que le Val de Saire est un poil plus roulant. Je commence à appuyer un peu plus et je plafonne à 25 pendant 10 secondes avant de reprendre un bon féculent à La Pernelle. Pause obligatoire en haut du bled, il reste 40 foutus kilomètres. Ils passent tant bien que mal mais avouez que la fin du repas avec le choux fleur qui sent le brûlé, je n’ai qu’une hâte : payer l’addition et prendre une bière. Ah, oui pendant, le service, j’avais une furieuse envie de bulles. Pas moyen de trouver un bar avec terrasse car rentrer dans le bar avec l’odeur de brûlé, ca aurait fait mauvais genre. J’entends les cloches de 19h sonner et je regarde le compteur, je suis a fond… à 23 et j’arrive enfin au bout de copieux repas.

Je m’y étais inscrit en début d’année et avec le confinement et tout le tralala, j’avais cru comprendre que le restaurant était fermé. Sauf que 15 jours avant, le chef remobilise ses clients pour dire que le menu allait être servi… Et servi, je l’ai été !!!

Pensées au poto et ses acolytes qui ont fait une indigestion et on préféré arrêter les frais.

Pour celles et ceux que ca intéressent, voici le nom du menu : Brevet Cyclo Grimpeur du Nord Cotentin et l’adresse du restaurant : https://www.cyclo-club-montebourg-saint-germain-de-tournebut.com/longue-distance/2020/brevet-cyclo-grimpeur-du-nord-cotentin/

Antho

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