Marathon du Mont Blanc : magnifiquement dur

Vous vous en doutez après une course pareille vous allez avoir le droit à un peu de lecture. Alors pour celles et ceux qui ne veulent pas tout lire, contentez vous du titre. ^^

En fait, lorsque je me suis inscris a cette course, je n’avais que deux envies : le finir et en profiter. Les deux étant très liés avec mon souci de talon, c’est en courant très peu, même si les dernières semaines avant l’échéance, j’avais réalisé quelques enchainements, histoire de gonfler un peu le volume CAP, bien maigre depuis quelques mois déjà.

J’aime l’esprit trail et pour le coup, le chrono très secondaire pour moi, m’a permis de profiter au maximum de la course. Vous en jugerez vous-même avec la quantité de photos…

La course :

Le Marathon du Mont Blanc : pas tout à fait 42 kms et bizarrement des murs qui arrivent tôt ! Qu’on se le dise, une course comme celle là, demande un bon niveau physique et mental. Un compagnon de chambre, très habitué des marathons sur route inaugurait sa carrière dans le trail. Je pense qu’il a été servi…
Bref, nous sommes 2300 sur la ligne de départ. Il fait super bon, le ciel est bleu et l’ambiance monte. Quelles sensations ! la vallée de Chamonix nous attends. Le plan d’attaque est simple : gérer tout le long en espérant que l’inflammation soit celle ressentie aux entrainements. Départ très prudent, dans un nuage de fumée. En effet, la poussière nous accompagnera un bon moment. Départ prudent mais grisant car c’est roulant jusqu’à Vallorcine (17 kms). Des noms de village qui ont une résonance particulière pour les traileurs…. Nous sommes à l’ombre, sous les pins, sur des singles assez étroits. Ca bouchonne comme sur le périph, mais l’ambiance est détendue, on vanne : bon esprit !
Arrivé à Vallorcine, on a déjà gobé un D+ de 640m. On se ravitaille rapidement, on recharge les gourdes, car mine de rien, ca chauffe gentillement et l’eau est déjà tiede dans les bidons. Après ce ravito, c’est le début du Tour de France. Une ambiance de dingue, des percussions, des cloches, des « hop hop hop »… tout ca pour nous aider à gravir la première patate du jour (1000m de D+ en 6 kms). Et bien, je peux vous dire que ca grimpe fort. Heureusement pour nous, nous sommes encore à l’abris de la chaleur, mais on sent déjà qu’à travers les arbres, ca chauffe ! Au bout des 6 kms, l’aiguille des Posettes. Un magnifique point de vue, on s’arrête pour les photos et autres vidéos. C’est le kiff total, mais Achille est déjà tendu depuis… le km 1. C’était au programme que de le gérer celui là… il a fait son job : me saouler. Une foulée contrainte, avec un blocage de cheville au maximum pour trop tirer dessus. Drole d’exercice. Bref…
Une fois au sommet, on descend, on descend, longtemps. Un hélico récupère un coureur blessé. Tout le monde est calmé, sauf pour certains chamois qui dévalent les pentes avec une inertie improbable. On arrive au ravito « Le Tour ». Du monde, une ambiance de feu qui se confirme avec la T° ! Je ne pourrai pas vous dire combien il faisait, mais pour un Normand c’est beaucoup : pourvu qu’on remonte car il faisait frais là haut. On va remonter mais pas aussi haut. Du coup, ca carbure sec sur les versants exposés. Les torrents sont apprécies et j’en profite pour faire un bain de pied, avec chaussures. C’est un nouveau concept. Achille se calme, mais voilà que le parcours devient parsemé de racines et autres joyeusetés. Je me fais déposer par les coureurs/ses, avec des bâtons.
Direction La Flégère, en état de sudation soutenue. La vache, quand on regarde les pros à la télé, on n’a pas l’impression que ca grimpe comme ca. La poussière continue de voler mais moins haut car tout le monde est au ralenti. Certains s’arrêtent sous les arbres, d’autres se ravitaillent…
On arrive à la Flégère ; il fait bon la haut, mais avec ce que je viens de grimper, je prends volontiers un seau de flotte gentillement proposé par une bénévole pour me le renverser. L’eau est… vivifiante ! Au ravito, on confirme le besoin de sel : noix, rosette, on remplit une nouvelle fois les gourdes St Yorre. Le coca, je le bois sur place pour éviter l’expulsion en geyser, dont je suis le titulaire du brevet.

Ca sent la fin qui n’est pas évidente à gérer, avec une succession de petites montées/descentes mais là, le gars a beau avoir enfilé de la charcutaille ca couine au talon (un scoop ?), dans le genou droit. On se dit, allez 5 kms et c’est la fin… ouaip, sur le papier ca parait simple. On nous achève par une montée (encore une), pas trop longue mais qui fait son taf. J’en profite pour prendre de la neige et en poser sous la casquette et dans la chaussure, pour détendre le tendon. Enfin, on voit l’arche d’arrivée, en montée (tiens tiens, là aussi quand on regarde les pros, on a pas l’impression).

Voilà, vous savez tout. Reste à vous montrer les photos, parce que j’ai eu le temps d’en faire en 8h de course !
C’est un très beau trail mais difficile : 20% d’abandons sur le 42 kms et 30% sur le 90 !

Vivement soir pour la piscine ! Lisez vite cette phrase, elle s’auto-détruira rapidement. Et rien que pour ca, ca valait le coup de lire non ?

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